Jean-Christophe DELATTRE

Jean-Christophe DELATTRE est un passionné d’oiseaux et de photographie. Il est sans cesse à la recherche de volatiles aussi extraordinaires que difficilement approchables. Il a d’abord commencé par l’observation d’oiseaux en lien avec ses études universitaires : comprendre leurs comportements et leurs écologies. Sa passion d’ornithologue l’a amené en 2004 à coupler l’observation à la photographie. Pour tirer le portrait de nombreux oiseaux à partir de la digiscopie, il a fait l’acquisition d’une longue-vue Carl Zeiss, la DiaScope Victory 85T* FL. Il est alors rapidement surpris par les résultats que peut lui apporter cet instrument et prend énormément de plaisir dans l’observation et la prise de clichés de ces « petites boules de plumes », comme il les surnomme.

« Le secret de la digiscopie ; pour réaliser de belles images : avoir une longue-vue haut de gamme et savoir s'immiscer dans la vie de son sujet »

Pour réaliser la plupart de mes clichés, j’utilise la longue vue Zeiss DiaScope Victory 85 T* FL munie d’un zoom 20-60 combiné à un appareil photo numérique compact, me permettant alors de vaincre l’obstacle de la distance et d’observer et photographier confortablement les comportements de mes sujets.
Mes photos sont réalisées le plus naturellement possible : pas d’utilisation de nourriture ou de perchoirs pour les attirer et les photographier. Je reste également toujours prudent vis-à-vis du dérangement que je provoque chez les animaux et c’est pour cela que je pratique essentiellement l’affût pour les approcher.

J’ai pris l’habitude de l’appeler « Titi l’alpiniste »

J’ai eu l’occasion de photographier de nombreux oiseaux et mammifères avec mon matériel. Mais, les oiseaux les plus inaccessibles m’ont toujours fasciné et attiré, comme le Tichodrome échelette, une petite boule de plumes vivant à la verticale dans les parois rocheuses des montagnes. J’ai commencé à rechercher cet oiseau en 2006 sur son site d’hivernage et depuis que je l’ai observé, j’aime partir à sa rencontre chaque hiver : Je passe plusieurs dizaines d’heures à l’attendre pour tenter de photographier les différentes attitudes de ce petit alpiniste aux ailes rouge carmin. Je ne me lasse pas d'y retourner tant cet oiseau est attachant.

« Titi, le gardien du fort »

Cela fait maintenant 4 demi-journées que je passe à scruter les murs du Fort. On m’a dit que le Tichodrome échelette était facile à voir ici, mais pour l’instant rien. Pourtant, je suis au bon endroit il me semble. Et puis soudain, voilà qu’il apparait à la fenêtre. Alors c’était vrai ! Je viens de voir mon premier tichodrome. Cette photo fait partie de celles que j’ai pu prendre lors de ma première rencontre avec l’oiseau début 2007.

« La traditionnelle visite du soir »

Ce jour-là, après 3 ou 4 heures passées à attendre Titi au pied de la falaise sans succès, je commence à replier le matériel photographique quelques minutes avant que le soleil ne se couche. Bien entendu, c’est à ce moment qu’un oiseau ne se montre enfin sur la paroi pas très loin. Je remets rapidement le digiscope en place, et Titi m’offre une jolie posture dans la lumière du soir avant que la falaise ne plonge dans l’ombre.
Depuis, j’ai appris à rester sur place jusqu’aux derniers instants de lumière, car c’est souvent à ce moment qu’un oiseau se montre. La motivation ne doit pas manquer car en fin d’après-midi, le froid a souvent déjà envahi une bonne partie du corps. Il m’est cependant arrivé de rester un bon moment après le coucher du soleil pour observer un tichodrome me narguer en se promenant autour de moi, dans une lumière plus qu’insuffisante pour espérer réaliser la moindre photo en digiscopie…